mercredi 17 juin 2020

Quatrième vidéo en ligne : une présentation de Contes animaliers d’Argentine [ici]

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Contes animaliers d’Argentine est sorti aux Éditions du Jasmin en juin 2015. J’ai d’abord présenté ce livre en Argentine, en espagnol, à l’université nationale de San Luis, la province dont était originaire la linguiste à laquelle nous devons la sauvegarde du patrimoine des contes oraux de tout le pays, Berta Elena Vidal de Battini (1900-1984).

En France, le recueil a été présenté le 1er décembre 2015 au Café de la Mairie, à Paris, à deux pas de l’église Saint-Sulpice. C’est cette conférence enregistrée sur place que j’ai montée en vidéo et mise en ligne sur Dailymotion.

Pour ce montage, je me suis appuyée sur quelques pages du recueil (cela vous permet de les lire) et sur une grande variété d’illustrations : des tableaux du patrimoine argentin, des gravures, une carte géographique et des photographies qui vous permettront de découvrir des artistes, dont quelques Français, comme le photographe Etienne Gonnet, plus connu en Argentine sous son identité naturalisée (Esteban Gonnet), ou le peintre Jean (Juan) Léon Pallière, qui a représenté plusieurs scènes de genre documentant ainsi la vie des campagnes dans la province de Buenos Aires dans les années 1860, ce qui est fort précieux pour les historiens.

Loin d’être réservés à une lecture naïve et uniquement enfantine, les contes traditionnels argentins, comme tous les contes traditionnels partout dans le monde, sont en effet un support d’expression de la mémoire sociale et politique des populations rurales, ce qui est ici une image inversée de ce que colporte le récit historique gravé dans le marbre par la classe dominante pour servir de base à l’enseignement de l’histoire à l’école jusqu’au lycée. Au début de la vidéo, un tableau récapitulatif indique les épisodes que les contes déguisent sous les animaux, la plupart du temps autochtones, et leurs mœurs, beaucoup moins anthropomorphisées qu’elles ne le sont sous la plume de La Fontaine.

A titre d’illustration, j’ai aussi emprunté à la Fundación para la Vida Silvestre (fondation pour la vie sauvage) et à sa page Facebook des images de ses campagnes en faveur de la préservation de la biodiversité et des espèces en danger ou en voie d’extinction. La Fundación para la Vida Silvestre est l’antenne argentine du WWF. Ses images sont magnifiques et souvent pleines d’un humour typiquement argentin.

Enfin, comme dans mes autres vidéos, quelques photos que j’ai moi-même prises en Argentine complètent le tableau avec une vue intérieure du très intéressant petit Museo Nativista (écomusée) Héctor Aubert, que m’a fait découvrir le poète argentin Agustín Vanella, directeur de l’Alliance Française de Villa Mercedes, dans la province de San Luis, et une autre d’une aurore andine, prise à l’aube, en août, le long de la cordillère, sur la route reliant la ville de Mendoza à celle de San Rafael dans le sud de la province de Mendoza. Un lever de soleil qui a permis à un minuscule crapaud intelligent et qui avait bien compris ses leçons de géographie à l’école de remporter son pari sur un nandou gigantesque, prétentieux et sans cervelle. Lui s’était contenté d’apprendre ses leçons par cœur et sans aller plus loin que le bout de son bec.

Pour aller plus loin :
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Dimanche, l’hommage à Carlos Gardel en version 2.0 [à l’affiche]

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Dimanche 21 juin 2020, à 21h (heure argentine), quelques artistes rendront hommage à Carlos Gardel à l’avant-veille des 85 ans de sa mort accidentelle à Medellín, en Colombie, le 24 juin 1935.

Ce sera une rencontre de plusieurs artistes de Buenos Aires, de la province homonyme et d’Italie, chanteurs, musiciens et danseurs, qui rassembleront leurs talents pour un spectacle retransmis gratuitement sur la chaîne You Tube Bahía Blanca no Olvida (Bahía Blanca n’oublie pas).

Parmi ces artistes, les fidèles lecteurs de Barrio de Tango découvrent le nom de la chanteuse portègne Jacqueline Sigaut !

Une belle initiative.

Le spectacle porte pour titre un vers de Alfredo Le Pera dans un tango chanté par Gardel : Sus ojos se cerraron (ses yeux se sont fermés) (1).



(1) Sus ojos se cerraron fait partie du corpus que j’ai traduit dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, publié aux Éditions du Jasmin.

Solange Bazely a les honneurs de la Dépêche pour son circuit toulousain sur les pas de Gardel [ici]

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Solange Bazely a conçu une promenade culturelle qu’elle propose en français et en espagnol à travers Toulouse, la ville natale de Carlos Gardel (1). La Dépêche du Midi lui a consacré un bel article !

Prochaines dates :
Vendredi 19 juin de 17h à 19h
Mercredi 24 juin à la même heure
Vendredi 26 juin, même heure
Samedi 27 juin, de 15h à 17h
Vendredi 3 juillet, de 17h à 19h.

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Il faut impérativement s’inscrire à l’avance, au plus tard trois heures avant le départ du groupe.

Prix par personne : 15 € (paiement en ligne sécurisé)

Le groupe se constitue de neuf participants au maximum afin de maintenir les mesures sanitaires. Masque obligatoire.

Ne tardez pas trop pour vous inscrire : la date du 20 juin à 15h est déjà complète.

Pour vous inscrire, cliquez sur ce lien.



(1) En Uruguay, il existe une autre version de la naissance du grand artiste mais aucun des documents sur laquelle elle s’appuie ne résiste à une analyse scientifique un tant soit peu méthodique. La légende est toutefois plus forte que ce raisonnement historique. Il en va sans doute de l’honneur du pays et de celui de cette ville, où Gardel serait né, Tacuarembó, tout au nord de l’Uruguay, là où pendant la guerre d’indépendance, le Père de la Patrie, le général Artigas, mena sa dernière bataille sur le sol national avant d’être vaincu et de devoir trouver refuge au Paraguay pour le reste de ces jours. Pour l’anecdote, Artigas est un personnage que l’on croise dans la biographie de Manuel Belgrano : au début de la révolution, il a servi comme capitaine sous les ordres du général portègne avant que sa politique irrédentiste, favorable à une séparation entre Montevideo et Buenos Aires, ne les sépare.

Le scandale Vicentín sur un vers de tango [Actu]


Vicentín est un gros acteur argentin du commerce mondial de céréales : l'entreprise transforme et exporte. Elle est actuellement au bord de la faillite et fait l’objet d’une opération de nationalisation contre laquelle les actuels propriétaires se battent bec et ongles.

C’est la source d’une énorme querelle entre la gauche et la droite, les syndicats et les organisations patronales. Le gouvernement dit vouloir assurer la souveraineté alimentaire du pays grâce à cette mesure, pour éviter qu’un fonds de pension étranger ne s’empare de ces actifs, ce qui leur ferait courir le risque de disparaître un beau jour, sans crier gare, au profit d’investisseurs étrangers sans foi ni loi. L’opposition, de son côté, se dit persuadée que la mesure préfigure un plan général de « soviétisation » ou de « cubanisation » de l’économie, « comme au Venezuela », son refrain préféré.

Mais là ne s’arrête pas le scandale : la cessation de paiement de Vicentín met peu à peu à jour un entrelacs de prêts et de dettes pas piqué des hannetons (mais très habituels partout sur cette planète chez des géants de cette espèce) et fait subodorer des opérations opaques de financement politique carabiné. Bref, ça sent assez mauvais.

Ce matin, Página/12 en a fait sa une en choisissant dans son gros titre de détourner un célèbre vers de Celedonio Flores, tiré de Mano a mano, un classique du tango, composé par Carlos Gardel et José Razzano en 1923 (1) : « Si alguna deuda chica » (si quelque petite dette). Je vous laisse juges de la nature du détournement. La citation se comprend sans traduction !

Pour aller plus loin :



(1) Mano a mano fait partie du corpus que j’ai présenté et traduit dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, publié aux Éditions du Jasmin. Il y a cinq ans, il a aussi fait l’objet d’un atelier littéraire du tango dont j’ai récemment monté l’enregistrement en vidéo que j’ai publiée sur ma chaîne Dailymotion. Vous pouvez écouter une version de ce grand morceau du répertoire sur le site encyclopédique argentin Todo Tango.

mardi 16 juin 2020

Mirada de mujer : présentation par Zoom depuis Toulouse [Disques & Livres]

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Vanina Steiner devait venir d’ici quelques jours à Toulouse pour présenter son livre sur les parolières et poètes du tango d’aujourd’hui, Mirada de mujer, au festival Tangopostale qui a été annulé comme tout le reste.

L’Institut Cervantes, partenaire du festival, maintient toutefois son engagement mais en version 2.0 sous la forme d’une visio-conférence Zoom en espagnol. Participeront l’auteure, Vanina Steiner, un chroniqueur du périodique tanguero français La Salida, Alberto Epstein, et Solange Bazely qui a traduit l’ouvrage en français.

Ce sera à travers Zoom et YouTube le mardi 23 juin 2020 à 14h (Argentine) et 19h (France).

L’activité est gratuite.

Pour en savoir plus et en profiter :
visiter la page du site Internet de l'Institut Cervantes de Toulouse
se connecter à la chaîne You Tube de l'Institut

lundi 15 juin 2020

Les musiciens peuvent reprendre leurs activités sans public [Actu]

Capture d'écran sur le site Internet du ministère

Le ministère de la Culture vient d’émettre un protocole sanitaire pour permettre le retour des musiciens dans les salles de répétition et les studios d’enregistrement. Les artistes pourront aussi reprendre les concerts de groupe à condition qu’ils soient transmis par les ondes ou le streaming.

C’est le signal d’une reprise professionnelle. Il manquera encore le public et les recettes pour les salles de spectacle mais c’est déjà un premier pas.

Pour aller plus loin :

L’Argentine dispose d’un troisième test national de dépistage du Covid-19 [Actu]

Image Chemtest

Les scientifiques argentins ont mis au point un troisième test pour dépister la contagion au Sars-Cov-2. Cette fois-ci, il s’agit d’une coopération entre des équipes de l’Université Nationale de San Martín (UNSM)et de celle de Quilmes, deux universités du Gran Buenos Aires, en partenariat avec le CONICET (centre national de recherche scientifique et de technologie) dans le cadre d’une société, Chemtest, née d’un incubateur d’entreprises de l’UNSM bénéficiant de subventions du ministère de la Recherche et de la Technologie.

Le nouveau test donne des résultats en une heure et demie. Le réactif permettant de révéler la présence du virus est développé à Salta.


Toute l'équipe scientifique pose dans le vent froid de l'hiver

Ce résultat a été obtenu par une équipe de 25 personnes, dont trois jeunes chercheurs qui se trouvaient en Allemagne et en Colombie au moment où l’Argentine a été confinée. Réunir les conditions de cette mise au point d’un nouveau test met en lumière la coopération de très nombreux organismes de service public : le ministère des Affaires étrangères qui a rapatrié en urgence les trois chercheurs sur des vols Aerolíneas Argentinas, le ministère de la Recherche, les douanes qui ont facilité l’entrée dans le pays d’équipements et de produits importés pour 280.000 dollars US, les organismes qui encouragent l’innovation technologique, celui qui enregistre les dépôts de brevet, etc. La Nación en faisait hier le catalogue complet avec un ton de fierté assez exceptionnel dans un moment où ce journal combat la majorité aux affaires.

Comme le précédent test mis au point en Argentine, celui-ci va baisser le coût de la détection sanitaire et renforce l’autonomie économique du pays dans le contrôle de l’épidémie. Le biologiste qui a pris la tête de ces travaux avait déjà développé, en février dernier, un test de dengue, dont l’été 2020 a révélé une présence très importante en Argentine.

Pour aller plus loin :

samedi 13 juin 2020

L’Argentine au tableau d’honneur de Time Magazine ! [Actu]

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C’est avec une fierté non dissimulée que ce matin, deux quotidiens, l’un de gauche, pro-gouvernemental, et l’autre de droite, plutôt hostile à l’actuelle majorité, se sont fait l’écho d’un palmarès des pays qui ont eu le moins de contamination et de décès causés par l’épidémie de covid-19. Parmi les dix pays sélectionnés par l’hebdomadaire états-unien cette semaine, l’Argentine à côté de Taïwan, Singapour et la Grèce.

Le magazine souligne la coopération inattendue, intelligente et très souple entre la majorité et l’opposition à travers la conférence des gouverneurs rassemblés autour du président. Cette synergie a même suscité hier une déclaration qui pourrait marquer l’histoire : le ministre de la Santé de la Ville Autonome de Buenos Aires (droite libérale) s’est dit « reconnaissant éternellement au président Alberto Fernández pour son action dans la crise de la pandémie ».

Pour aller plus loin :

vendredi 12 juin 2020

Radio Madre de Dios de San Juan : le second volet de mon interview [ici]


"El General Belgrano y otras hierbas" pour le dire comme les Argentins lorsqu’ils veulent présenter une production qui mélange plusieurs sujets (quand il s’agit d’idées) ou plusieurs genres (quand il s’agit de musique).

L’enregistrement du 1er juin 2020, à l’occasion des 250 ans de la naissance de Manuel Belgrano, a duré deux heures, soit de quoi nourrir deux émissions de Entrevistas sobre Educación sur les ondes de Radio Madre de Dios de San Juan, cette petite radio catholique où exerce Ricardo Sánchez Alonso, qui m’a interviewée.

Ce second volet, toujours enregistré via Skype donc en vidéo, est maintenant en ligne sur la chaîne Youtube de la radio.

En mai, l’inflation reste sous contrôle [Actu]

Synthèse au niveau national
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1,5 % d’inflation pour le mois de mai 2020, le même taux que pour le mois d’avril, c’est un résultat inespéré mais qui montre que l’intervention de l’État révèle son efficacité dans la crise que traverse l’Argentine. En cinq mois, l’inflation n’est que de 11,1 % en valeur cumulée, après une année 2019 où elle avait dépassé les 53 %.

Selon le rapport que l’INDEC a publié hier, la variation sur un an, de juin 2019 à mai 2020, est de 43,4 %, soit dix points au-dessus des résultats de décembre, mois au cours duquel l’actuel gouvernement a pris ses fonctions. Cette fois-ci, la plus forte hausse n’a pas touché l’alimentation mais l’habillement et l’équipement de la maison. L’éducation et la catégorie alcools et tabac sont les catégories qui ont le moins augmenté.

Synthèse de l'évolution de l'inflation (niveau national)
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De manière étonnante, dans Buenos Aires et sa ceinture, l’inflation est identique à la moyenne nationale.

Ces bons résultats n’empêchent pas que les plus démunis souffrent le martyr : la plupart d’entre eux travaillent en effet dans l’économie informelle. Malgré les distributions de nourriture, effectuées en particulier par l’armée (le 1er régiment d’infanterie, dit des Patricios, notamment dans le sud de Buenos Aires) mais manifestement insuffisantes, le confinement est impossible à respecter pour eux. Ce qui peut expliquer la montée catastrophique des cas de contamination…

Synthèse régionale
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La bataille politique et idéologique qui entoure la probable nationalisation du groupe céréalier Vicentín, contre laquelle la droite et les organisations patronales font bloc (tandis que les syndicats ouvriers l’approuvent), a relégué cette information très loin dans les priorités des journaux (voir mon article du 9 juin dernier).

Ce matin, seuls deux titres abordaient le sujet : Página/12 (favorable au gouvernement) et Clarín (qui lui est très hostile).

Pour en savoir plus :
télécharger le rapport mensuel de l’INDEC (pdf).

mardi 9 juin 2020

L’État argentin prend le contrôle d’un géant céréalier [Actu]

"Le jour de la Saint-Vicentín"
Personne n'aurait reconnu le journal s'il ne nous avait pas fait cette une aujourd'hui !

Le groupe Vicentín, l’un des plus gros acteurs sur le marché céréalier argentin (exportation et transformation), criblé de dettes (1), était sur le point de mettre la clé sous la porte et risquait par conséquent de se faire racheter par des investisseurs nord-américains, dont on sait comment ils savent vider de leur substance les entreprises qu’ils rachètent dans des pays où ils pratiquent une politique de néo-colonisation pour les fermer ensuite et jeter salariés et fournisseurs dans des situations intenables.

La Nación consacre son gros titre à l'info économique du jour
mais sa photo à la sortie nocturne des Portègnes
pour un footing autorisé entre 20h et 8h.
Le gouvernement de la Ville a cru dégoûter ses administrés
avec ces horaires de nuit en hiver mais cause toujours !
Les Portègnes sont sortis en masse comme l'avaient fait les Parisiens avant eux !

Le gouvernement argentin vient donc d’annoncer l’expropriation du groupe pour cause d’utilité publique (la souveraineté alimentaire de l’Argentine) et il a placé à sa tête un administrateur provisoire, afin de garantir l’emploi des salariés et le débouché commercial des 3.000 producteurs qui vendent leurs céréales à cet exportateur. Dans la foulée, il a envoyé sur le bureau du Congrès un projet de loi pour valider ce transfert de propriété.

Comme on pouvait s’y attendre, la droite pousse des cris d’orfraie : l’Argentine serait en passe de devenir le nouveau Venezuela (comme à chaque fois que la gauche prend une mesure de gauche), le nouveau Cuba, le communisme s’installe, c’est la dictature, je vous en passe et des meilleures.

Même choix de la rédaction de Clarín
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En fait, Vicentín est en effet un acteur-clé pour le PIB national et pour le marché intérieur, puisqu’une partie des céréales exportées permettraient de mieux nourrir la population. De surcroît, c’est un groupe très endettés envers l’État ou plutôt envers le Banco Nación, qui, sous la présidence Macri, lui a accordé des prêts dans des conditions qui dérogeaient à ses usages et ses modèles économiques. Puisque rien n’est jamais gratuit en ce bas-monde, il ne manque pas d’observateurs pour en déduire qu’on pourrait retrouver des traces de Vicentin dans les comptes de campagne de Mauricio Macri. Avec cette nationalisation l’État s’assure donc que le Banco Nación, qui opère les activités commerciales de la banque nationale argentine, va pouvoir recouvrer ses créances. Qui plus est, Vicentín est l'un des gros employeurs qui a licencié en masse au début du confinement, ce qui a provoqué le décret qui interdit tout licenciement et toute suspension de contrat de travail pendant cette période sur tout le territoire national. Bien entendu, la droite ne fait aucun cas de ces éléments et cette mesure va apporter de l’eau au moulin des allumés qui prétendent que le pays a été confiné pour permettre au gouvernement d’imposer la nationalisation de l’économie et d’installer un système à la chinoise en Argentine.

"Vicentín mis sous tutelle de l'Etat", dit le gros titre
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Alberto Fernández se met ici dans les pas des Kirchner qui avaient déjà nationalisé plusieurs entreprises phares du pays au moment où ils le remettaient sur les rails après la crise de l’endettement de 2001 : YPF, le groupe pétrolier qui, depuis le premier gouvernement de gauche, élu en 1916, exploite les gisements pétrolifères de Patagonie dont tous les bénéfices allaient enrichir les actionnaires du pétrolier espagnol Repsol à la bourse de Madrid, Aerolíneas Argentinas que feu le groupe Marsans, espagnol lui aussi, était en train de dépouiller avant sans doute d’en faire une coquille vide, et Trenes Argentinos, un ensemble de lignes privées plus ou moins bien gérées qui constituent désormais un réseau de chemins de fer national pour le transport des voyageurs entre Buenos Aires et sa banlieue, auquel s’ajoutent quelques rares grandes lignes, comme celle qui relie à nouveau depuis quelques années la capitale fédérale et la grande station balnéaire qu’est Mar del Plata (2).

Le ton des journaux diffère selon qu’on se plonge dans la lecture de Página/12, très favorable à cette mesure, ou qu’on lui préfère la presse main-stream, dont font partie le quotidien catholique et réactionnaire La Prensa, le journal de la droite libérale, bien pensante et bien élevée, La Nación et le tabloïd Clarín, qui incarne une droite aux accents plus populaires et aux analyses plus frustres.

Pour aller plus loin :



(1) 1.350 millions de dollars US.
(2) Le réseau national de chemins de fer a été démantelé sous la présidence de Carlos Menem dans les années 1990. Sur les longues distances de ce pays immenses, le train a été remplacé par des lignes privées de cars longue distance très polluantes.

lundi 8 juin 2020

Au sujet du vaccin contre le Covid-19 [Humour]

C’est une vignette du Journal du Confinement que tient le dessinateur de presse Daniel Paz depuis la fin mars. Elle est parue dans Página/12 samedi dernier, le 6 juin 2020, et elle mérite qu’on s’y arrête.

C’est drôle mais à moitié seulement !


Texte à gauche :
"Cher journal
On attend beaucoup d’un éventuel vaccin contre le covid-19.
J’ai l’impression que pour beaucoup de gens le vaccin, c’est l’espoir de pouvoir continuer à faire la même chose que ce que nous faisions avant – et qui a entraîné cette crise – comme si rien ne s’était passé."

Le spot de pub (à droite) :
"Un problème avec ton modèle de consommation démentielle qui met en danger ton existence sur terre ?
Le chaos climatique ?
La surpopulation ?
Les pandémies ?
Inutile de changer… On t’aime comme tu es.
Prends un Bye-bye-Covid
et que rien ne t’arrête."

Sur la boîte :
"Bye-bye Covid
Comprimés – 500 mg"
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

vendredi 5 juin 2020

Buenos Aires et sa région restent confinés jusqu’à la fin du mois [Actu]

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Hier soir, entouré comme d’habitude par le chef de gouvernement de la Ville de Buenos Aires, qui commence à donner des signes de dissension politique tout en affichant le sourire diplomatique de circonstances quand il est à Olivos, et du gouverneur de la Province de Buenos Aires, le président argentin, Alberto Fernández a annoncé la prolongation du régime actuel de confinement avec seulement quelques mesures d’allègement pour Buenos Aires et sa ceinture, qui restent un foyer considérable de l’épidémie.


Les enfants vont pouvoir aller se dégourdir les jambes dehors mais on ne n’a toujours aucune idée du moment où ils pourront retourner en classe alors que s’approchent les vacances d’hiver, en juillet. Des commerces de proximité, fermés jusqu’ici dans Buenos Aires même parce que jugés non indispensables, vont pouvoir rouvrir en respectant des consignes strictes de sécurité.

Dans la province de Buenos Aires, les zones à forte densité urbaine comme la petite couronne autour de la capitale fédérale auront un régime différent de celui qui entre en vigueur dans les zones rurales, beaucoup plus étendues mais nettement moins peuplées.

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Le président comme les gouverneurs craignent une situation comme en Corée ou en Israël où il a fallu revenir en arrière sur certaines mesures de déconfinement. Cela se passe actuellement dans six provinces qui avaient fait trop tôt un retour vers la normale et ont dû reculer. Or les chiffres montent plus rapidement qu’avant, comme si l’épidémie avait attendu l’arrivée de l’hiver. Comme si la maladie était bel et bien sensible à la saisonnalité, une hypothèse que plusieurs infectiologues prennent de plus en plus au sérieux. Même si ceux des pays similaires, en taille et en climat (tempéré), montrent que l’Argentine ne s’en sort pas si mal, les chiffres communiqués au cours de cette conférence ne sont pas réjouissants. Le Brésil quant à lui connaît une situation hors normes mais les mesures de lutte contre la pandémie y sont, comme aux États-Unis, un chaos et un champ de bataille politique. C’est vraiment le mérite de exécutifs argentins d’avoir su faire taire leurs querelles idéologiques pour se concerter. Cette bonne entente n’était pas gagnée d’avance.

Tableau représentant le nombre de jours qu'il faut pour que le nombre de cas diagnostiqués double
On voit nettement le recul à partir de l'assouplissement du 7 mai
En revanche, quand on retire Buenos Aires et sa banlieue, le chiffre pour l'ensemble du pays est très bon.
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La mortalité pays par pays (nombre de morts par million d'habitants)
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Pour l’heure, on ne sait pas encore si le pic est atteint (les épidémiologistes l’avaient prévu à cette date approximative) ou si la crise sanitaire va s’aggraver encore, alors l’épidémie de dengue, qui court depuis cet été, n’est toujours pas endiguée et que la grippe saisonnière, pour laquelle la campagne de vaccination a déjà eu lieu, va arriver.

Ce matin, tous les journaux titraient sur ces annonces qui renvoient la phase 3 au 28 juin, soit plus de trois mois après le décret de confinement le 20 mars.

La répartition de la contagion municipalité par municipalité
comparée entre le 21 mai et le 3 juin
De toute évidence, l'épidémie gagne du terrain presque partout.
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Ainsi le bicentenaire de la mort de Manuel Belgrano (20 juin) est lui aussi dans les choux et l’anniversaire de la déclaration d’indépendance (le 9 juillet) n’est guère mieux logé. La saison de ski (juillet-août) est au minimum compromise, même si ici et là Aerolíneas Argentinas va reprendre quelques uns de ses vols intérieurs. Et je ne vous parle pas du ravitaillement de la ville de Buenos Aires où trouver de la nourriture pour faire des repas équilibrés commence à devenir très compliqué… Pour avoir l’expérience de la chose dans une ville comme Paris, je pense très fort à tous mes amis qui habitent Buenos Aires et sa couronne.

La Nación est le seul journal à consacrer sa photo centrale
aux obsèques de George Floyd à Minneapolis

Deux bonnes nouvelles dans tout ça :
  • les officiels commencent à pratiquer sérieusement la distanciation physique. Il était impressionnant jusqu’à il y a quelques jours encore de voir à quel point ils se plaçaient les uns à côté des autres au cours de leurs séances de travail !
  • et une équipe scientifique Conicet/Université Nacional de San Martín (dans la banlieue ouest de Buenos Aires) s’est lancée dans la recherche d’un vaccin contre le covid-19, grâce à une subvention publique de 100.000 dollars (pour de telles recherches, c’est très peu mais sait-on jamais ! Mieux vaut cela que de rester les bras croisés en comptant les morts !). C’est donc la 126e équipe scientifique qui se met sur les rangs pour cet immense défi mondial.


Pour aller plus loin :
lire les commentaires de Página/12 sur les chiffres communiqués par le président
lire l’article principal de La Prensa, qui nous sert à nouveau Belgrano (mieux vaut tard que jamais)
lire les commentaires de La Nación sur les chiffres communiqués par le président
lire l’article de Página/12 sur les débuts de la recherche argentine sur un futur vaccin.

Interview Skype à voir sur Youtube en espagnol [ABT]


L’interview que j’ai donnée à Ricardo Sánchez Alonso, pour son émission Entrevistas sobre Educación, du mercredi soir, sur Radio Madre de Dios de San Juan, est désormais disponible sur la chaîne Youtube de la station.

Tout se passe en espagnol. L’enregistrement a duré environ deux heures, un format inhabituel pour ce programme. Le producteur a donc décidé d’en faire deux émissions, dont la première a donc été diffusée comme prévu le 3 juin à 21h.

Pendant ces deux heures, Ricardo Sánchez s’est intéressé à une multitude de sujets : l’histoire argentine, avec les deux grands personnages de San Juan que sont José de San Martín (1) et Domingo Faustino Sarmiento (2), Avignon comme ville papale (on remonte là dans une toute autre époque), la France et la pandémie (ça, c’était pour l’actualité du jour puisque nous avons enregistré à la veille du déconfinement français phase 2) et, last but not least, nous avons échangé sur Manuel Belgrano (c’était la moindre des choses, c’est tout de même son mois et son année !). En revanche, on n’a jamais parlé d’éducation. Comme quoi, les titres, il ne faut pas toujours s’y accrocher…

Pour moi, cette interview par Skype constituait une première et j’avoue que c’est plus confortable qu’au téléphone quand interviewé et intervieweur ne se voient pas. Mais vivement que j’aille chez le coiffeur !

Bonne écoute !





(1) De 1814 à 1816, José de San Martín a été le gouverneur de l’ancienne province de Cuyo dont San Juan était alors une sous-capitale à l’égal de San Luis. Aujourd’hui, Cuyo est devenu une région au sens historique et culturel et se compose de trois provinces : Mendoza, San Juan et San Luis.
(2) Domingo Faustino Sarmiento (1811-1888) a été gouverneur de la province de San Juan dans ses premiers temps d’existence, il a aussi été élu parlementaire national avant de devenir président de la République argentine. C’est donc une figure à la fois locale et nationale, surtout si vous ajoutez qu’il est considéré, entre autres choses, comme l’un des plus grands écrivains argentins, un éducateur excellent et le promoteur de la loi sur l’école obligatoire en Argentine (1883). Il se trouve que dans San Martín par lui-même et par ses contemporains (Éditions du Jasmin), j’ai publié l’un de ses écrits en français resté jusqu’alors inconnu en Argentine, y compris à San Juan : l’original d’un discours fameux où il comparait les épopées fondatrices de Bolívar, au nord du continent, et de San Martín, au sud, et qui ne fut jamais un discours. C’était un essai qu’il avait écrit à Paris, dans un français impeccable, pour intégrer une société savante alors très en vogue, l’Institut Historique de France, à un moment (1847) où la France menait une politique des plus ambiguës envers celui que Sarmiento considérait comme son ennemi politique, le gouverneur de Buenos Aires, Juan Manuel de Rosas (1793-1877). Et pour retomber sur mes pieds, je dois ajouter que Rosas était aussi le père adoptif du fils de Manuel Belgrano. Comme quoi, tout est dans tout et réciproquement.

jeudi 4 juin 2020

Au lendemain du 250e anniversaire de Manuel Belgrano [Actu]

Au premier plan, à droite, le président de l'INB, Manuel Belgrano
La plaque apposée hier par le ministre rejoint les deux autres,
beaucoup plus anciennes et moins lisibles (plus haut perchées)

Ce n’est pas spectaculaire mais, dans les conditions très particulières que nous vivons, ça a le grand mérite d’exister : le ministère de la Culture offre à tous les Argentins des éléments d’hommage à Manuel Belgrano sous des formes variées et tout est accessible en ligne. Cela n’a pas dû être de tout repos à monter.
Le ministre a en effet pris ses fonctions le 10 décembre, il a dû commencer par reconstruire son ministère et tous ses outils de communication (site Internet, réseaux sociaux, etc.) puisque la culture avait été ravalée deux ans auparavant au statut d’un simple secrétariat d’État au sein du ministère de l’Éducation, puis les vacances d’été sont arrivées en même temps que les grands festivals provinciaux, et à peine la rentrée effectuée le 1er mars, le confinement s’est abattu sur tout le pays le 20 du même mois. Buenos Aires et sa banlieue n’en sont toujours pas sortis tandis que la courbe épidémique continue de grimper.

Symbole de la mini-série documentaire
Le ministre est cinéaste documentariste de profession !

Dans ces circonstances, on n’a pas le droit de se plaindre : le ministère n’a pas laissé passer la date symbolique du 3 juin, ce n’est déjà pas si mal, et, à partir d’hier, il a mis et continuera de mettre en ligne des documents variés. On peut imaginer sans peine que les employés ont vécu, comme nous tous, une vraie course contre la montre pour sortir les choses à temps. Bravo à eux.

Une collection d'objets conservés dans les musées nationaux
et ayant appartenu à Belgrano ou lui rendant honneur
compose la couverture de ce premier volume de Sobre Manuel Belgrano

Sur les sites dépendant du ministère, on trouve deux types de documents, d’une part de l’audiovisuel et de l’autre des imprimés virtuels (en format pdf) :

D’abord le premier épisode d’une série de onze courts-métrages documentaires d’environ cinq minutes chacun sur la chaîne Youtube, sous le titre Tras las huellas de Belgrano ("pour suivre Belgrano à la trace"). Une heure en tout et pour tout. On peut bien entendu regretter que ce soit très peu et même trop peu pour un personnage historique de cette taille mais cette heure n’a pas dû être facile à bâtir alors que les tournages sont empêchés par le confinement et le simple bon sens en pleine double crise sanitaire (covid-19 + dengue, sans parler de l’arrivée prochaine de la grippe saisonnière). Et bien entendu avec ce gouvernement, mais heureusement sous un minuscule format aussi (1 mn 21 de vidéo), on retrouve l’inévitable militant péroniste qui se présente comme un historien, Pacho O’Donnell (1). Ils auraient pu s’en passer !

Toute l'iconographie du maté pour symboliser
l'ouverture d'esprit de Manuel Belgrano envers les Amérindiens

Ensuite une série de trois livrets pdf disponibles en ligne et téléchargeables gratuitement :
deux écrits de Belgrano lui-même, déjà très présents sur Internet (2), l'un privé l'autre officiel, d’une part son autobiographie, rédigée en 1814 pendant qu'atteint de malaria, il attendait l’arrivée de San Martín à Tucumán (63 pages en tout) et d’autre part le règlement qu’il a donné aux trente-trois villes et villages guaranis fondés par les jésuites dans leurs anciennes missions dans les provinces de Corrientes et Misiones et l’actuel Paraguay (26 pages, introduction comprise),
et un volume, intitulé Discursos a la carta (52 pages), et qui ne contient pas de discours de Belgrano mais six créations littéraires de commande dont les auteurs, trois femmes et trois hommes, choisis aux quatre coins du pays, brodent autour de cette figure historique pour bâtir un discours pour l’une ou l’autre de ces cérémonies qui auraient dû avoir lieu en ce mois de juin et qui ont toutes été annulées. Pour nous, ici, en Europe, ce dernier volume n’est pas très passionnant mais pour les enseignants, contraints à réinventer leur métier à travers les outils de l’école à distance, qu’elle soit privée ou publique, c’est sans doute un matériel fort utile (là-bas aussi, les élèves décrochent à tour de bras malgré les efforts déployés par les professeurs, l’Éducation nationale, les ministères provinciaux et la télévision publique et l’institution scolaire ne sait plus quoi inventer pour limiter les dégâts, scolaires et sociaux).

Le jeune Belgrano à vingt-trois ans
alors qu'il vient de prêter serment au barreau de Madrid
(et non pas à Londres en 1815, comme il est dit à la fin du document)
Voir ma conférence Manuel Belgrano : trois vies en une
sur Dailymotion pour en savoir plus

Table des matières de Discursos a la carta
Cliquez sur les images pour de meilleures résolutions

Bref, on lit, presque à livre ouvert, le projet politique qui sous-tend ces choix : une Argentine qui intègre les Amérindiens dans le roman national et qui promeuve les valeurs éthiques de ses pères-fondateurs, notamment leur désintéressement matériel et leur féminisme avant la lettre. Cela sent aussi un peu le bricolage mais il serait injuste de jeter la pierre à qui que ce soit puisque la crise mondiale entrave toutes nos démarches intellectuelles et, jusqu’à un certain point, techniques.

C'était le 1er régiment d'infanterie dit des Patricios qui rendait les honneurs
et non pas celui des grenadiers à cheval, comme il est d'usage pour des cérémonies nationales.
Mais Belgrano a été leur second chef historique.
Et puis c'est le régiment qui remplit les services d'honneur et de protocole de la Ville Autonome de Buenos Aires
et le ministre de la culture locale était sur place.
Admirez le masque régimentaire assorti à la tenue historique.

En dépit de toutes ces difficultés, l’existence de cette opération montre la volonté de ce gouvernement de faire connaître l’histoire nationale à un public large qui englobe tout le spectre social, culturel et géographique de la population. Ce n’était pas le cas de la majorité précédente.

Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12 sur l’hommage rendu par le ministre, accompagné par l’ambassadeur d’Italie et le président de l’INB, lui-même descendant du général (3) et le dévoilement de la plaque à côté de la porte de l’Edificio Cramer, élevé à l’emplacement de la maison où Belgrano est né et où il a rendu l’âme cinquante ans plus tard (un immeuble de bureaux d’une laideur insigne)
lire l’article de Clarín présentant l’offre ministérielle et la démarche suivie (un point dont Página/12 ne dit pas un mot, ce qui prouve à quel point le confinement brouille toutes les cartes)
lire le communiqué du ministère sur l’hommage officiel d’hier
accéder aux documents à télécharger (compartir.cultura.gob.ar)
accéder à la chaîne You Tube du ministère où vous pourrez aussi voir le résumé vidéo de l’hommage officiel d’hier.



(1) A l’en croire et à en croire bien d'autres, Pacho O’Donnell fait de l’histoire. En fait, il crée de toutes pièces une lecture du passé national ultra-idéologique. Quand il cite des sources, c’est souvent en choisissant des passages en fonction du but politique qu’il poursuit dans son développement. Il passe pour un grand intellectuel chez les militants de la gauche nationaliste. J’ai dans ces cercles des amis qui le vénèrent et d’autres, ailleurs dans le spectre politique, qui ne peuvent pas le souffrir. Ses écrits tiennent plus du prospectus de campagne électorale que d’un travail de recherche historique mais c’est très difficile d’en parler posément là-bas.
(2) Notamment sur le site de l’Instituto Nacional Belgraniano. La seule explication que je vois au fait qu’ils aient ressorti ça sur leur site au lieu de renvoyer vers celui de cette institution qui dépend de ce ministère-là, c’est que la crise sanitaire ne leur a pas laissé beaucoup de marge de manœuvre pour produire des choses originales qui couvrent correctement l’ensemble du spectre des activités intellectuelles et politiques de Manuel Belgrano. Ils sont allés au plus pressé. Ceci dit, ils auraient fait un peu plus appel à l’Institut, cela ne leur aurait pas fait de mal. Seul un expert a été appelé à la rescousse, Matías Dibb, cité en fin de volume : un authentique historien, qui a passé sa thèse il y a quelques années (cela nous change des vieux maîtres auxquels on fait si souvent appel dans ce genre d’événement).
(3) Manuel Belgrano, qui posait le 22 mai dernier avec mon libre entre les mains devant le grand portrait en pied peint par Casimir Carbonnier à Londres en 1815. Voir mon article du 25 mai dernier.